Djebar Kaci : “la jeunesse demande la chute du régime”

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De la violation !

Si le régime algérien n’a plus de roi valide sur son fau­teuil il n’en demeure pas moins créatif dans la néga­tion de la Con­sti­tu­tion selon Dje­bar Kaci, organ­isa­teur de la man­i­fes­ta­tion pour la libéra­tion de tout Algériens ici à Mar­seille. « Pour » car l’antagonisme entre les man­i­fes­tants et le sys­tème au pou­voir en Algérie pour­rait se résumer au « Pour » ver­sus « Con­tre ».

Les “pour” ne sont plus dupes des manœu­vres des pro­fes­sion­nels de la con­tre révo­lu­tion. Car en pre­mier lieu, si les Algériens ont embrassé la lutte paci­fique con­tre le régime c’était déjà pour que ce dernier ne soit pas coupable d’une énième vio­la­tion de ses fonde­ments con­sti­tu­tion­nels.

Art. 102 / CONSTITUTION ALGERIENNE

« Lorsque le Prési­dent de la République, pour cause de mal­adie grave et durable, se trou­ve dans l’im­pos­si­bil­ité totale d’ex­ercer ses fonc­tions, le Con­seil con­sti­tu­tion­nel se réu­nit de plein droit, et après avoir véri­fié la réal­ité de cet empêche­ment par tous moyens appro­priés, pro­pose, à l’u­na­nim­ité, au Par­lement de déclar­er l’é­tat d’empêchement.
Le Par­lement siégeant en cham­bres réu­nies déclare l’é­tat d’empêchement du Prési­dent de la République, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses mem­bres et charge de l’in­térim du Chef de l’E­tat, pour une péri­ode max­i­male de quar­ante cinq (45) jours, le Prési­dent du Con­seil de la Nation, qui exerce ses prérog­a­tives dans le respect des dis­po­si­tions de l’ar­ti­cle 104 de la Con­sti­tu­tion… »

Suite à cette ten­ta­tive délibérée de con­tourne­ment de la Con­sti­tu­tion et face à la déter­mi­na­tion d’un peu­ple marchant à l’unisson de sa dig­nité, le pou­voir cède tout en essayant une autre manœu­vre fal­lac­i­euse. Ajoutant au pas­sage une ligne de plus à sa longue his­toire de détourne­ment con­sti­tu­tion­nel au ser­vice d’un pou­voir aujourd’hui mori­bond. Com­ment face à ces turpi­tudes deman­der à Dje­bar Kaci et au peu­ple d’abdiquer. Si Mr Boute­fli­ka reporte les élec­tions, les man­i­fes­tants eux n’ont plus l’intention de ren­tr­er dans leurs pénates tant que la Con­sti­tu­tion et leurs droits démoc­ra­tiques ne seront pas respec­tés.

Art. 110 / CONSTITUTION ALGERIENNE

« Pen­dant la durée de l’é­tat de guerre, la Con­sti­tu­tion est sus­pendue, le Prési­dent de la République assume tous les pou­voirs. 
Lorsque le man­dat du Prési­dent de la République vient à expi­ra­tion, il est pro­rogé de plein droit jusqu’à la fin de la guerre. 
Dans le cas de la démis­sion ou du décès du Prési­dent de la République, ou tout autre empêche­ment, le Prési­dent du Con­seil de la Nation assume en tant que Chef de l’E­tat et dans les mêmes con­di­tions que le Prési­dent de la République, toutes les prérog­a­tives exigées par l’é­tat de guerre. 
En cas de con­jonc­tion de la vacance de la Prési­dence de la République et de la Prési­dence du Con­seil de la Nation, le Prési­dent du Con­seil con­sti­tu­tion­nel assume les charges de Chef de l’E­tat dans les con­di­tions prévues ci-dessus. »

Le régime assoif­fé de cynisme pro­pose dans son délite­ment des nou­velles têtes aux idées bien ancrées dans le sys­tème qui a con­duit le peu­ple à témoign­er de l’expression de sa défi­ance au régime des copains. Dje­bar Kaci les con­nait tant ils sont au cœur de la fab­rique du sys­tème véreux à l’œuvre en Algérie.

L’opposition

La majorité des man­i­fes­tants qui bat le pavé de Mar­seille à Alger en pas­sant par toutes les villes du monde qui ont en leur sein des Algériens, demande la chute de ce régime bien plus que cor­rompu c’est à dire indigne aux yeux de cette jeunesse en mou­ve­ment. « Chaab yourid sekkat nizam », « La jeunesse demande la chute du régime », voici ce que scan­dent les unis du peu­ple algérien au gar­di­en de la déchéance de la nation algéri­enne. Mais le pou­voir, selon Dje­bar Kaci ce n(est pas seule­ment les déci­sion­naires, c’est aus­si cette fausse oppo­si­tion qui par oppor­tu­nité a trem­pé la main dans la marme­lade du sys­tème. Cela non plus le peu­ple algérien n’en veut plus.

Nouvelle tête !

Il faut donc rester vig­i­lant dans le choix de cette nou­velle représen­ta­tiv­ité que Dje­bar Kaci appelle de ses vœux. Il est vrai que l’Algérie ne manque ni de bras, ni de cerveaux capa­bles de relever les défis d’une Algérie enfin libre et démoc­ra­tique.

Les ingérences négatives et positives

Un peu­ple qui se lève n’est pas juste un élé­ment médi­a­tique­ment spec­tac­u­laire, il brasse des faits, des his­toires que l’on croy­ait enter­rées avec les hommes et les femmes qui les gar­daient en eux. L’histoire entre la France et l’Algérie ne s’arrête pas à une guerre ou à un accord de sépa­ra­tion à l’amiable.

Car en effet, si le régime tombe dans les mains de la jeunesse assoif­fée de lib­erté, la démoc­ra­tie qui en sor­ti­ra voudra tout savoir des accoin­tances entre la France et l’Algérie en matière économique car sous cou­vert d’un jeu politi­cien d’attraction répul­sion des deux pays, des for­tunes algéri­ennes et français­es ont prof­ité et prof­i­tent encore de ce sys­tème de prébende organ­isée. Dje­bar Kaci l’évoque car il sait que dans cette his­toire des deux rives, ceux qui sont à la tête du sys­tème marchent sur des œufs.

L’organisation d’un nouveau pacte démocratique

Mais l’ingérence peut être aus­si une notion pos­i­tive si l’on ques­tionne la sit­u­a­tion des femmes algéri­ennes engagées aux cotés des hommes dans la lutte pour cette nou­velle Algérie démoc­ra­tique. Il faut donc sor­tir des belles expres­sions des politi­ciens véri­ta­bles pro­fes­sion­nels en tout matière mais de fait, agents influ­ents de paroles vide sans avenir. C’est pour cette rai­son que Dje­bar Kaci invite tous les Algériens, hommes et femmes de la société civile à par­ticiper à une forme de refon­da­tion con­sti­tu­ante des règles démoc­ra­tiques de la future République égal­i­taire algéri­enne.

Militaire : Le vrai pouvoir ?

« Lorsque le sage mon­tre la lune, l’im­bé­cile regarde le doigt ». L’Algérie est un pou­voir à plusieurs vis­ages, dont l’un des ten­anciers est en l’état l’armée. Elle se gave des div­i­den­des de son autorité mil­i­taire.

Il va de soi que les man­i­fes­tants s’opposent au clan Boute­fli­ka qui fait office d’image offi­cielle du pou­voir mais l’armée en sous main est le véri­ta­ble sélec­tion­neur de l’équipe d’Algérie de détourne­ment de fonds publics en bande organ­isée autour d’un chef roulant en fau­teuil. Dans ce cadre, on peut se deman­der où Dje­bar trou­ve la force de croire que le pou­voir mil­i­taire se rangera du coté des man­i­fes­tants.

L’inclusion Algérienne

Le principe d’un mou­ve­ment révo­lu­tion­naire implique des change­ments pro­fonds dans la société qui l’habite. La dynamique en cours en Algérie et dans l’esprit de chaque citoyens et citoyennes de cette nation doit par­ticiper à une réécri­t­ure de ces fon­da­men­taux démoc­ra­tiques.

La ques­tion est : qui doit écrire cette nou­velle his­toire du peu­ple Algérien ? Dje­bar n’oublie le passé mais veut s’en servir pour ne pas faire trahir encore une fois l’aspiration à la lib­erté de tout un peu­ple sor­tie d’une insup­port­able nuit. Ain­si la feuille blanche sera rem­plie du désir de lib­erté du peu­ple algérien dans sa diver­sité.

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