Edito : Villes méditerranéennes, les enjeux d’un développement égalitaire

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Deux habitant·es sur trois vivent en ville dans les pays du pour­tour méditer­ranéen. Vers 2030, ils représen­teront les trois quarts de la pop­u­la­tion totale. Selon un rap­port du Plan Bleu, dans l’ensemble des vingt et un pays du pour­tour méditer­ranéen, la pop­u­la­tion urbaine – rési­dant dans des aggloméra­tions de plus de 10 000 habitant·es – est passée de 94 mil­lions en 1950 (44 % de la pop­u­la­tion) à 274 mil­lions en 2000 (64 %).

Com­ment gér­er ce développe­ment ? Que nous appren­nent l’histoire et l’évolution de nos villes pour bâtir un futur durable ? Ce dossier pro­pose des regards croisés d’Istanbul à Alger, en pas­sant par Mar­seille, Barcelone, le Liban, la Syrie ou la Grèce. Ce dossier que nous vous pro­posons a été réalis­er avec le con­cours et le finance­ment de Réseau Riti­mo.

A Athènes les murs par­lent et inter­pel­lent : que sont dev­enues nos villes méditer­ranéennes avec les crises économiques pour cer­taines, sociales et migra­toires pour d’autres, ou après les affron­te­ments ?

En Espagne, c’est l’ubérisation de la société et des loge­ments qui ques­tionne, alors que dans la cité phocéenne, le manque d’investissements publics est cri­ant. A Istan­bul comme à Alger, les autorités con­stru­isent de nou­veaux loge­ments, mais à quel prix pour le vivre ensem­ble et le respect des droits des habitant·es ?

En Syrie, certain·es évo­quent déjà la recon­struc­tion dans un pays en ruine après 8 ans de con­flit. La société civile alerte sur le non-respect du droit de la pro­priété. Poussé·es à par­tir durant ces années de guerre, de nombreux·ses Syrien·ne·s sont passé·es par le Liban, recon­fig­u­rant des quartiers de la cap­i­tale, Bey­routh, déjà soumis à l’extrême pau­vreté. Certain·es sont allé·es plus loin, rejoignant l’île de Les­bos en Grèce. Une île qui s’organise encore aujourd’hui face à l’arrivée de per­son­nes migrantes. Aux con­fins de l’Europe, une terre oubliée, dis­parue des radars médi­a­tiques.

Les villes méditer­ranéennes sont en mou­ve­ment. On bâtit, on restau­re, on recon­fig­ure, on détru­it, et par­fois des immeubles s’effondrent. Partout les enjeux économiques per­cu­tent les dif­férentes voies pour vivre la ville, ensem­ble.

Crédit photo : Mélanie Rostagnat — Beyrouth

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