L’accueil de jour de Marseille, sauvé par ses salariés

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L’ADJ se meurt, tous unis con­tre l’exclusion sociale” pou­vait-on lire sur un pan­neau lors d’un rassem­ble­ment organ­isé par les tra­vailleurs soci­aux inqui­ets de l’imminente fer­me­ture de l’accueil de jour (ADJ). Dès 2018, ils mul­ti­plient les appels à l’aide devant les fenêtres de la Pré­fec­ture, de l’Hôtel de ville ou encore de la Région. Au terme de mois de luttes et d’espoirs, les sub­ven­tions sont finale­ment main­tenues (Région, CPAM), une sub­ven­tion excep­tion­nelle est accordée par l’Etat et seule la sub­ven­tion dédiée à l’action pré­caire, octroyée par la Ville de Mar­seille est dimin­uée, rap­pelle le rap­port d’activité.

La péti­tion lancée sur inter­net rap­pelle que “365 jours par an, week-end et jours fériés, les 39 salariés de l’Accueil De jour, infir­mières, agents d’entretien, tra­vailleurs soci­aux, secré­taires et agents d’accueil, œuvrent comme acteurs de la Cohé­sion sociale. 39 salariés qui s’emploient à créer, main­tenir et restau­r­er le lien social dans le paysage mar­seil­lais et ce dans un sys­tème social carencé.

En 2017, sur l’accueil de jour Marceau, le nom­bre de per­son­nes reçues aug­mente de 23% alors que nos effec­tifs bais­sent de 10%. En sous-effec­tif, nous main­tenons notre activ­ité dans des locaux onéreux et inadap­tés. L’Accueil De Jour, c’est plus de 6500 per­son­nes accueil­lies, 1162 per­son­nes domi­cil­iées admin­is­tra­tive­ment, 300 suiv­is par référent social, 18 000 douch­es, sans compter toutes ces per­son­nes que la société tente de ren­dre invis­i­bles dans nos rues et qui voient point­er le risque d’être désor­mais sans lieu de mise à l’abri et d’accès aux droits fon­da­men­taux. Car aujourd’hui, les dif­fi­cultés finan­cières sont telles que salariés et usagers sommes claire­ment men­acés de per­dre nos emplois pour les uns, de ne plus dis­pos­er d’un lieu ressource pour les autres. Ces dif­fi­cultés sont dues des baiss­es de finance­ment qui ne cessent de s’accentuer depuis 3 ans.”

Le 5 juin 2019, dans les locaux de l’association Fra­ter­nité Belle de Mai dans le 3ème arrondisse­ment de Mar­seille, l’équipe de salarié-e-s est heureuse de con­vi­er sa pre­mière assem­blée générale publique en présence des per­son­nes qui l’ont soutenue et des représen­tants du con­seil départe­men­tal.

La feuille trem­blante à la main, l’émotion monte au fil des témoignages qui rap­pel­lent les spé­ci­ficités de l’action sociale et leur engage­ment humain auprès des invis­i­bles de la rue.

Le directeur “Le fait d’accueillir se tra­vaille tous les jour en pro­fondeur et il faut des moyens. Charles Péguy par­lait “D’arracher les mis­érables à la mis­ère”, notre vocab­u­laire a bien changé on par­le main­tenant de SDF” :

Eva, salariée très impliquée dans le sauve­tage de l’accueil de jour : “nous rap­pelons que un homme, une femme, un étranger, un vieux, un jeune, un malade, a encore des droits et une place dans notre société”:

Gilles, salarié de l’ADJ revient sur la notion d’accueil. « Nous avons observé une évo­lu­tion dans le pub­lic, au début on accueil­lait prin­ci­pale­ment des hommes isolés d’origine française ou ayant un titre de séjour, depuis deux ans nous recevons de nom­breuses per­son­nes migrantes dont des jeunes femmes avec enfants et il n’y a pas de place pour eux à Mar­seille c’est pourquoi ils vien­nent à nous mais aucun dis­posi­tif n’existe pour eux sous pré­texte qu’ils n’ont pas de papiers donc pas de droits. Nous devons nous adapter c’est très dif­fi­cile et cela mon­tre à quel point l’ADJ est poreuse avec la rue et qu’il n’y a pas de fron­tière entre l’ADJ et la rue.”:

Extrait du doc­u­men­taire : La folie de l’abandon de Gérard Miller et Anaïs Feuil­lette « La société fonc­tionne d’une manière telle que il lui est néces­saire qu’il ait des morts dans la rue, ne vous imag­inez pas qu’il y a de lib­erté pos­si­ble en dehors des con­traintes de la nor­mal­ité. » :

Michelle, la notion de l’accueil incon­di­tion­nel :

 

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