En Haute Mer, sauver des vies

Rédigé par : 15-38 mediterranée
Mis à jour le 17/10/2020 | Publié le 03/02/2017

Loin des regards, loin de la terre ferme, loin de nos vies, les flots agités de la mer Méditerranée sont témoins eux du drame de notre humanité. Des milliers d’hommes et de femmes quittent leur pays, ils risquent leurs vies en traversant des déserts, des zones dangereuses et en montant sur des embarcations de fortune pour rejoindre le continent européen. Là au milieu des profondeurs marines ils sont dans une extrême vulnérabilité entre la survie et la mort qui les guette.

Au printemps 2015, devant l’ampleur de la tragédie et l’inaction des États européens, une française originaire de Marseille et un capitaine allemand ont décidé de monter un projet de sauvetage en mer et de créer l’association SOS Méditerranée. Grâce aux dons réguliers et généreux des citoyens européens, l’association loue un bateau à un armateur allemand. L’Aquarius, navire de 77 mètres, a un coût de fonctionnement de 11 000 euros par jour. A son bord, 27 personnes prennent en charge les rescapés, des bénévoles, des marins, des marins sauveteurs et une équipe de médecins sans frontières (MSF). Il est parti du port de Marseille à la fin du mois de février 2016 et se positionne près du canal de Sicile, entre la Libye et l’Italie (350 Km). Cette voie maritime est la plus empruntée et a vu le plus grand nombre de migrants perdre la vie depuis trois ans. En un an, l’Aquarius a réalisé 55 missions de sauvetage et a sauvé plus de 12 000 personnes.

Antoine (25 ans) et Jonathan (33 ans) sont marins sauveteurs, ils ont effectué des missions de 6 semaines à bord de l’Aquarius. Tous deux sont officiers de la marine marchande qui consiste à piloter et à gérer le moteur des navires de commerce, ils mettent à profit aujourd’hui leur expérience de marin.

Antoine (25ans)

Jonathan (33ans)

« En tant que marin, cela faisait un moment que l’on attendait une initiative comme celle-ci ».

« La grande difficulté c’est le premier contact avec les réfugiés, après 7h de navigation et traumatisés par leur parcours jusqu’en Libye, ils sont dans un état mental et physique détruits ».

Antoine et Jonathan en opération de sauvetage sur l’un des zodiacs qui transborde les migrants de leur embarcation jusqu’à l’Aquarius où ils reçoivent des soins

« Les histoires qui m’ont le plus bouleversé c’est ce qu’ont vécu ces personnes pendant leur migration comme l’enfer de l’étape en Libye, ils ne viennent pas nous envahir« .

« S’il y a des personnes qui ont la motivation pour entasser des gens comme du bétail dans des bateaux, ce n’est pas la faute des sauveteurs. Il faut s’intéresser à qui tue des gens en Libye ».

Écoutons ici calmement le son des vagues qui enrobe le témoignage des deux marins