Carte blanche à David Poey

Dans ce dossier sur la drogue en Méditer­ranée, 15–38 donne carte blanche à l’artiste mar­seil­lais à David Poey. Une vision en noir et blanc des stupé­fi­ants. Aller plus...

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Dans ce dossier sur la drogue en Méditer­ranée, 15–38 donne carte blanche à l’artiste mar­seil­lais à David Poey. Une vision en noir et blanc des stupé­fi­ants.

Aller plus loin

L’acte de créa­tion de Dav se porte moins sur la matéri­al­i­sa­tion de l’œuvre que sur une démarche : la sin­gulière capac­ité à extraire de cet incon­scient col­lec­tif les ten­dances médiocres et les pon­cifs, les préjugés et les dénis. Matéri­aux pau­vres, rebuts, récupéra­tion d’objets fer­ont l’affaire : nav­i­gant entre abstrac­tion et fig­u­ra­tion, dessin de presse et illus­tra­tion, faisant fi de la tech­nique non sans chercher l’efficacité de la forme, Dav a choisi une pra­tique que lui autorise un quo­ti­di­en. Il suf­fit de faire avec peu mais il est néces­saire de faire.

Si on le place volon­tiers dans la caté­gorie « artiste engagé », pourquoi, à l’image de son esprit futé, ne pas pren­dre le con­tre­pied et user du terme « dégagé », comme un ciel bleu ? Dégager : débar­rass­er de la con­trainte ; libér­er quelque chose ou quelqu’un d’une sit­u­a­tion. Ne s’est-il pas longtemps ques­tion­né sur son statut d’artiste, sur la forme à trou­ver ? Il y répond avec humil­ité : l’art reste de l’ordre de la con­quête du sens et doit con­cern­er cha­cun. L’art peut ça : se faire à la portée du com­mun. Lap­sus, trou de mémoire, inver­sion, dyslex­ie… tout ce qui tord le cou à une réal­ité figée crée de nou­veaux rap­port de sens. L’art peut encore ça : être un ter­rain de jeu et de lib­erté d’où sur­gis­sent de nou­velles rela­tions au monde.

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