Bateaux, voitures électriques : comment faire pour lutter contre la pollution à Marseille ?

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Au mois de jan­vi­er et févri­er 2020, les élèves de 4ème ont par­ticipé à des ate­liers de sen­si­bil­i­sa­tion aux médias. Le but était de tra­vailler sur la véri­fi­ca­tion des sources et la recherche d’informations sur le thème des élec­tions munic­i­pales 2020. Les arti­cles ont été réal­isés grâce à un tra­vail de recherche et une inter­view. Deux class­es ont pu inter­roger un représen­tant des deux can­di­dats qui ont don­né suite à notre demande. Deux autres class­es ont reçu des mem­bres d’association ou de col­lec­tifs act­ifs sur deux ques­tions impor­tantes à Mar­seille : le mal loge­ment et les sources de pol­lu­tion.

Face au sujet des pol­lu­tions à Mar­seille, nous avons inter­viewé Noé Vian­ney de l’as­so­ci­a­tion Alter­nat­i­ba. Nous cher­chions à savoir quelles sont les solu­tions pour lut­ter con­tre la pol­lu­tion dans le cadre des élec­tions munic­i­pales 2020 à Mar­seille.

« La qual­ité de l’air dans les écoles est médiocre et à ter­mes néfaste pour la san­té ». Noé Vian­ney fait référence à une étude de Green­peace. C’est une pol­lu­tion invis­i­ble. D’après un arti­cle pub­lié sur le site de France 3, Mar­seille est la ville la plus irres­pirable de France. Quelles sont les caus­es de cette pol­lu­tion ? Selon Noé Vian­ney les caus­es sont mul­ti­ples : les voitures, les bateaux à quai et les usines pétrochim­iques de Fos-sur-Mer.

Pour éviter le « tout voiture », il y a plusieurs solu­tions. Nous pou­vons dévelop­per les trans­ports en com­mun et pour inciter les gens à les utilis­er il est pos­si­ble de faire baiss­er les prix des tick­ets. « Il faut égale­ment que les auto­mo­bilistes ralen­tis­sent sur les routes et ne pas utilis­er la voiture sur de cour­tes dis­tances », explique le mem­bre de l’association. « La mairie doit met­tre en place des pistes dédiées au vélo. Les poli­tiques ont le devoir de s’en charg­er ».

Les voitures élec­triques peu­vent être vues comme une solu­tion mais elles posent égale­ment prob­lème selon Noé Vian­ney : « les bat­ter­ies sont chères et pour les pro­duire, nous avons besoin de ter­res rares, pré­cieuses, pro­duites dans des pays comme la Chine ou en Afrique ». De plus, il nous explique que pour recharg­er les bat­ter­ies, il faut de l’électricité, élec­tric­ité pro­duite pas des usines, notam­ment de char­bon, qui pol­lu­ent. « Cela revient à délo­calis­er la pol­lu­tion ».

Selon un arti­cle de 20 Min­utes, la pol­lu­tion générée par les bateaux de croisière dépasse celle des voitures à Mar­seille. Com­ment faire dimin­uer cette pol­lu­tion ? Noé Vian­ney explique qu’il a une solu­tion rad­i­cale qui est de couper les moteurs à quai. L’autre solu­tion moins rad­i­cale est de deman­der aux navires de se branch­er à quai. Mais cela génère une autre forme de pol­lu­tion. Comme expliqué plus haut, l’électricité est pro­duite par des cen­trales nucléaires ou de char­bon. Là aus­si, Noé Vian­ney par­le de « délo­cal­i­sa­tion de la pol­lu­tion ».

Dans d’autres endroits du monde, il y a des zones ECA. Les zones ECA sont des endroits à faible émis­sion où les bateaux ne peu­vent pas nav­iguer à forte vitesse quand ils ren­trent dans des ports. En effet, plus un navire avance vite, plus il pol­lue. Il devrait avoir une zone ECA à Mar­seille mais selon Noé Vian­ney l’industrie touris­tique génère telle­ment d’argent que l’on ne veut pas les froiss­er. Cela s’appelle un lob­by.

Finale­ment, pour lut­ter con­tre la pol­lu­tion à Mar­seille, il sem­ble impor­tant d’avoir une volon­té poli­tique. Nous sommes allés con­sul­ter les pro­grammes des can­di­dats aux élec­tions munic­i­pales. Tous pro­posent d’améliorer la végé­tal­i­sa­tion. « C’est une bonne idée car l’arbre con­somme du CO2 pour faire de l’oxygène », décrit Noé Vian­ney, « le CO2 est l’un des gaz pro­duit par les voitures. De plus, l’arbre tran­spire, c’est aus­si un moyen de lim­iter la tem­péra­ture dans les villes ». Mais notre invité pense que les can­di­dats pro­posent de planter des arbres sans dire com­ment. Il est inqui­et que cela soit de sim­ples « effets d’annonce » qui ne seront pas con­fir­més dans les faits.

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