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Si ce con­fine­ment et les règles pri­v­a­tives de lib­erté, de revenus, de dig­nité qui l’ac­com­pa­g­nent sont trau­ma­ti­sants, ce temps aura aus­si été l’oc­ca­sion de con­cré­tis­er des pro­jets déjà bien mûrs dans cer­taines têtes et notam­ment en rap­port avec l’al­i­men­ta­tion. Un besoin pri­maire, essen­tiel qui nous con­cerne tous mais devant lequel nous sommes loin d’être égaux. Face aux ques­tions de sou­veraineté ali­men­taire, de cir­cuits courts, con­cepts très présents dans les dis­cours et les cam­pagnes munic­i­pales de mars 2020 dernier en France, des citoyens sont passés à l’ac­tion rejoignant d’autres déjà bien rodés sur tout le ter­ri­toire. Ici plongée au cœur des paniers sol­idaires sétois

A Sète en Occ­i­tanie dans le sud de la France, des citoyens sont à l’ini­tia­tive de la dis­tri­b­u­tion de Paniers sol­idaires, légumes et fruits issus d’une agri­cul­ture raison­née ou bio et locale. Raphaël, Souad, Car­o­line, Col­in, Antoine, Clé­ment, Cyrielle, Lau­rence et une trentaine de volon­taires sont chaque ven­dre­di à pied d’œuvre à tour de rôle pour le décharge­ment des paniers et la pré­pa­ra­tion des den­rées ali­men­taires qui sont venues, avec 20 nou­veaux pro­duc­teurs, se gref­fer à la propo­si­tion ini­tiale. De 25 paniers, la demande est passée à 350 par semaine. Un con­cept où la sol­i­dar­ité occupe une place prépondérante. Les murs du restau­rant Homard et Din­don généreuse­ment prêtés par leur pro­prié­taire et ami Antoine, s’est trans­for­mé en un véri­ta­ble entre­pôt où s’en­tassent des cen­taines de cagettes d’un côté et des kilos de vrac, farines, fruits secs, quinoa, riz, mais aus­si, œufs, fro­mages, miel, frais­es, de l’autre. Les bénév­oles, sourire aux lèvres au milieu de cette abon­dance de saveurs, por­tent masques et gants :

Claude, et l’un des agricul­teurs qui livre chaque ven­dre­di 70 paniers con­tenant 5 kg de légumes et de fruits. Il vient de Mireval, une com­mune de 3 000 habi­tants située à 17 km de Sète.

Les habi­tants qui vien­nent retir­er leurs paniers sont invités à respecter les dis­tances entre eux. S’il est ten­tant de se rap­procher de ses con­nais­sances pour rat­trap­er le temps per­du, il s’ag­it aus­si d’in­ter­roger notre présent : Christophe, Diane et Claude nous en par­lent :

Les petites mains, les dif­férentes com­pé­tences au ser­vice du pro­jet : der­rière leurs écrans Souad et Car­o­line pren­nent les numéros de com­mande des per­son­nes, mais aus­si les dons pour les plus dému­nis… Col­in a per­mis la créa­tion du site web des Paniers sol­idaires :

Dis­cus­sion avec Raphaël, agent SNCF de pro­fes­sion et insti­ga­teur des paniers sol­idaires : « On n’a pas essayé de grossir notre action, mais juste de répon­dre à la demande des gens » . « Il y a deux mois on aurait peut-être mis un an à met­tre en place ce pro­jet et là avec cette crise on a mis quelques semaines seule­ment » :

Crédits pho­tos : Sèt’ensem­ble

Reportage dans les Quartiers hauts de Sète : ICI

Pour aller plus loin sur 15–38 : ICI ailleurs sur ARTE : ou pour la pos­si­bil­ité d’or­gan­is­er les cir­cuits courts à long terme ICI sur France Cul­ture.

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