Covid-19 : Au Maroc, l’enjeu de l’aide médicale et sociale

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Etre en pre­mière ligne pour affron­ter un enne­mi invis­i­ble, qu’est la Covid-19, et qui men­ace la vie des per­son­nes du monde entier n’est pas chose facile. Per­son­nel hos­pi­tal­ier, les médecins, les infir­miers, les aides-soignants, les femmes de ménage, les agents de sécu­rité sont devenus des guer­ri­ers qui lut­tent avec acharne­ment con­tre un enne­mi omniprésent.

Le Maroc comp­tait début mai 2020, 5505 cas con­fir­més 183 décès, et 2142 guérisons grâce au per­son­nel hos­pi­tal­ier. Hamza, infir­mi­er anesthé­siste et réan­i­ma­teur à l’hôpital de Rabat, nous par­le de son quo­ti­di­en.

Après des heures de tra­vail passées à l’hôpital, « j’avais l’impression d’être por­teur du Virus, j’avais l’angoisse de con­t­a­min­er mes par­ents, surtout qu’ils sont âgés et mon père est dia­bé­tique. » Se laver, net­toy­er, dés­in­fecter sont devenus les rit­uels des soignants de retour chez eux. « Dès que je ren­tre, je passe à la douche puis je mets les vête­ments que je por­tais au lave linge, mais l’idée de con­t­a­min­er mes par­ents me han­tait, et le doute m’envahissait».
« Seul, j’ai décidé de quit­ter notre mai­son et de me con­fin­er dans un apparte­ment, pour éviter tout con­tact avec mes par­ents ». Comme tous les citoyens, le per­son­nel hos­pi­tal­ier respecte pleine­ment les con­signes et les recom­man­da­tions san­i­taires mis­es en place par le gou­verne­ment maro­cain pour lim­iter la prop­a­ga­tion du Coro­n­avirus. « Je lave fréquem­ment mes mains avec une solu­tion hydro-alcoolique après chaque con­tact avec tout objet, poignets, mon­naie… ».

Au Maroc le port du masque de type chirur­gi­cal, comme pro­tec­tion est désor­mais oblig­a­toire pour tous les citoyens, sous peine de pay­er une amende allant de 30€ à 130€. Avant d’en arriv­er à cette oblig­a­tion, la roy­auté a déclaré avoir veil­lé à la disponi­bil­ité des masques en quan­tité suff­isante avec un prix de vente fixé à 7 cen­times d’euros. « Quand je quitte mon apparte­ment, je porte mon masque et quand je ren­tre je brique mes mains, je l’enlève je relave mes mains puis je lave mon vis­age» pour­suit Hamza.

Le Maroc vu de l’autre coté de la Méditer­ranée — Efforts louables

Le Maroc ‘peut faire fig­ure de mod­èle’ pour de nom­breux pays européens, selon le média français myeurop.info qui révèle les résul­tats du plan de sou­tien économique et social mis en place par le Maroc pour faire face à la prop­a­ga­tion de la Covid-19. Dans son analyse de cette stratégie, le média français souligne et loue les efforts des autorités maro­caines qui se sont mon­trées très réac­tives face à la pandémie notam­ment à tra­vers la fer­me­ture de tous les étab­lisse­ments sco­laires le 16 Mars, et la déc­la­ra­tion du con­fine­ment le 20 Mars alors que le Maroc ne compt­abil­i­sait que 37 cas con­fir­més et un seul décès.
Ces pré­cau­tions s’expliquent par la faib­lesse du sys­tème san­i­taire maro­cain. « Nous sommes con­scients que notre sys­tème de san­té est frag­ile, pour le ser­vice réan­i­ma­tion où je tra­vaille, il n’y avait déjà pas assez de places de réan­i­ma­tion avant l’apparition du coro­n­avirus » souligne Hamza. Mis en place en 6 jours, les deux hôpi­taux mil­i­taires de cam­pagne, Bensli­mane et Nouaceur sont opéra­tionnels et prêts à accueil­lir les patients atteints par le virus. Ils sont dotés au total de 560 lits et de deux équipes pro­fes­sion­nelles com­posées de 26 médecins, 142 infir­miers et assis­tants, et 69 sol­dats en sou­tien. « Je salue vive­ment les efforts du gou­verne­ment, du min­istère de la san­té et surtout des forces armées royales qui ont mon­té des hôpi­taux de cam­pagne mais si jamais la sit­u­a­tion devient comme l’Italie ou l’Espagne, cela sera une galère et un cauchemar pour nous, parce que nous n’avons pas les moyens suff­isants pour gér­er ce genre de cat­a­stro­phe», pour­suit-il.

À présent, le com­bat avec cet enne­mi invis­i­ble n’est pas encore per­du au Maroc. Il faut con­tin­uer à respecter les mesures préven­tives, pour aider le per­son­nel hos­pi­tal­ier qui risque sa vie pour sauver celle du citoyen, et pour mon­tr­er que les sac­ri­fices de l’état maro­cain sur le plan économique valent le coup. Rap­pelons que le pays a très tôt pris des mesures très strictes allant de la fer­me­ture des fron­tières jusqu’à la fer­me­ture des entre­pris­es, cafés et restau­rants, chose qui stagne et impacte lour­de­ment l’économie.

La mise en place d’un fonds spé­cial dédié à la ges­tion de la pandémie doté de 934 mil­lions d’eu­ros a atteint aujourd’hui 2.2 Mil­liards d’eu­ros. Il a per­mis de financer les dis­posi­tifs médi­caux et les infra­struc­tures adap­tées aux cas touchés par la mal­adie Covid-19. Un coût non nég­lige­able pour l’é­conomie du pays mais comme le souligne le chef du gou­verne­ment Saad Dine El Ota­mi « C’est le prix à pay­er pour éviter de lour­des pertes sur les plans humain et san­i­taire ».

Sit­u­a­tion inquié­tante pour les plus dému­nis

4,3 mil­lions de familles, se sont retrou­vées dans une sit­u­a­tion déli­cate en plein Ramadan. Elles pour­ront béné­fici­er d’aides finan­cières, entre 76 et 113 euros par mois selon les annonces du gou­verne­ment. Leurs revenus provi­en­nent générale­ment de métiers pré­caires ou du secteur informel où l’on retrou­ve des arti­sans, des femmes de ménage, des vendeurs ambu­lants et des ouvri­ers du bâti­ment payés à la journée. Ils sont donc privés totale­ment de revenus depuis le début du con­fine­ment et doivent pour­tant nour­rir quo­ti­di­en­nement leur famille. Reste à savoir si les aides promis­es par les autorités maro­caines parvien­dront rapi­de­ment à ces nom­breuses familles pau­vres touchées de plein fou­et par la pandémie.

Soukaina El Mah­foud (sta­giaire jour­nal­iste en for­ma­tion virtuelle à 15–38)

Pho­to : “Les chiffres sont en aug­men­ta­tion, si vous voulez nous aider restez chez vous”. Crédit Pho­to : Hamza

Infor­ma­tions gou­verne­men­tales : ICI

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