En France, une association de Sète tente de répondre aux besoins croissants d’aide alimentaire

Rédigé par : Hélène Bourgon
Mis à jour le 17/10/2020 | Publié le 10/07/2020

Durant le confinement, les inégalités déjà bien ancrées dans la société française se sont révélées encore plus criantes selon les associations de maraudes qui ont continué à apporter de l’aide aux personnes démunies. La demande d’aides diverses s’est accrue d’après plusieurs associations de petite ou grande envergure. La trêve hivernale qui débute ce vendredi 10 juillet va sans doute déclencher des situations d’urgence notamment alimentaires qui touchent désormais des personnes et des familles ayant perdu leur travail suite aux mesures sanitaires.

Il est 15 heures dans la cour de l’association Les Bons Samaritains à Sète dans l’Hérault où Eric le responsable, et les bénévoles Nadia, Françoise, Ali, Agnès, Hassan demandeur d’asile, s’affairent avant de partir en maraude et présentent leurs engagements communs et personnels.

Avec deux autres associations de maraudes, Les bons samaritains sont sur le terrain chaque semaine. Ils sont passés de une à quatre maraudes durant le confinement puis à nouveau à trois maraudes par semaine aujourd’hui durant lesquelles ils livrent entre 75 et 80 repas préparés par eux et par des femmes d’un quartier de Sète qui ont répondu à l’appel d’Eric durant le confinement en proposant de préparer des repas. L’équipe des Bons samaritains part ensuite en maraude avec cette belle énergie et ce lien fort qu’ils entretiennent avec les gens qu’ils rencontrent : « De plus en plus de familles viennent pour du dépannage alimentaire, on répond à l’urgence mais on n’a pas assez de dons pour répondre à toutes les nouvelles demandes depuis le dé-confinement. On les renvoie vers les grandes associations » :

En route à bord du 4X4 d’Eric pour aller à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont envie de partager leur ressenti au coeur d’histoires de vie particulières : « C’est un combat, une épreuve de vie » Karine :

Un peu plus loin à l’entrée de la ville, des jeunes et plus vieux, dont des Polonais, cohabitent dans des anciens entrepôts dans une sorte de squat bien organisé : «Nous sommes positifs, ouverts pour chacun » . Rencontre avec le surnommé « papy », sa barbe et son imperméable jaune.

Direction Frontignan, petite ville côtière à 7km de Sète où notre premier arrêt se fait auprès d’une femme logée provisoirement dans un hôtel. Elle apprécie les visites de l’équipe Les Bons Samaritains durant la semaine. Eric : « les gens n’arrêtent pas de manger l’été. Il faudrait assurer un service minimum avec toutes les associations et faire des maraudes à vélo ! » :

Yves : « Quand on passe de l’hiver à l’été il n’y a plus d’aide, c’est à l’année qu’on a des besoins. » « J’ai préféré une vie hors système ». Laure : « Ce sont les personnes qui ont le moins qui m’ont aidée », témoignage fort de ces deux jeunes sur un parking en pleine nature où Yves a installé son camion. Rencontre d’un jeune au milieu d’entrepôts abandonnés, discussion dans un campement au milieu des vignes… :