Mis à jour le 17/10/2020 | Publié le 19/04/2017

Dans ce dossier sur la drogue en Méditerranée, 15-38 donne carte blanche à l’artiste marseillais à David Poey. Une vision en noir et blanc des stupéfiants.

L’acte de création de Dav se porte moins sur la matérialisation de l’œuvre que sur une démarche : la singulière capacité à extraire de cet inconscient collectif les tendances médiocres et les poncifs, les préjugés et les dénis. Matériaux pauvres, rebuts, récupération d’objets feront l’affaire : navigant entre abstraction et figuration, dessin de presse et illustration, faisant fi de la technique non sans chercher l’efficacité de la forme, Dav a choisi une pratique que lui autorise un quotidien. Il suffit de faire avec peu mais il est nécessaire de faire.

Si on le place volontiers dans la catégorie « artiste engagé », pourquoi, à l’image de son esprit futé, ne pas prendre le contrepied et user du terme « dégagé », comme un ciel bleu ? Dégager : débarrasser de la contrainte ; libérer quelque chose ou quelqu’un d’une situation. Ne s’est-il pas longtemps questionné sur son statut d’artiste, sur la forme à trouver ? Il y répond avec humilité : l’art reste de l’ordre de la conquête du sens et doit concerner chacun. L’art peut ça : se faire à la portée du commun. Lapsus, trou de mémoire, inversion, dyslexie… tout ce qui tord le cou à une réalité figée crée de nouveaux rapport de sens. L’art peut encore ça : être un terrain de jeu et de liberté d’où surgissent de nouvelles relations au monde.

À la découverte de David Poey