La Méditerranée emmurée ?

Rédigé par : Coline Charbonnier
Mis à jour le 01/10/2020 | Publié le 04/12/2019

Cette carte propose de mettre en lumière les murs et les barrières actuelles qui séparent les peuples et freinent les mobilités en Méditerranée. Certains sont récents, d’autres ont été érigés depuis plusieurs années alors que l’Europe fêtait la chute du mur de Berlin. Selon certaines recherches, à la fin des années 2000, les murs, clôtures ou barrières des États s’étalent sur plus de 8 000 km de frontières.

A Chypre, la ligne verte longue de 180 km sépare depuis 1974 les parties grecque et turque de l’île. Au sud du Liban et de la Syrie, les frontières d’Israël restent grillagées et militarisées, elles ont même été renforcées en 2012.

En 1980, le Maroc érige un mur de sable à l’est du Sahara occidental, cinq ans après avoir pris possession de la zone. Aujourd’hui, le territoire reste au cœur d’enjeux géopolitiques et économiques forts entre le Front Polisario et le royaume marocain, avec notamment, la question de l’exploitation des mines de phosphate. Le mur mesure actuellement près de 2 000 km.

Au nord du Maroc pour barrer l’accès au détroit de Gibraltar et au-delà à l’Espagne, les enclaves de Ceuta et Melilla sont cernées de barrières sécuritaires et militarisées difficilement franchissables et meurtrières.
Plus récemment, de nouveaux murs européens sont apparus autour de l’espace Schengen notamment au niveau du fleuve Évros entre la Grèce et la Turquie, mais aussi en 2015, en Hongrie. Le pays décide alors d’élever un mur de 175 km le long de sa frontière avec la Serbie pour bloquer le passage de migrants et les empêcher de poursuivre leur route vers l’Italie. En France, une clôture de 2 à 4 mètres de haut a été érigée pour barrer l’accès des migrants au terminal d’Eurotunnel à Calais.

Enfin, le mur israélien, renforcé entre 2001 et 2002 au niveau de la bande de Gaza et initié à la même période autour de la Cisjordanie, ceinture toujours le territoire de la Palestine. En 2011, pour mettre un terme aux entrées en provenance d’Égypte, Israël lance la construction d’une autre barrière le long de sa frontière avec le Sinaï.