Le conflit israelo palestinien source de migrations ?

Rédigé par : 15-38 mediterranée
Publié le 09/07/2021

Par Lison Rivas et Ibtissam Berhimou

Le 10 mai 2021 le Hamas, mouvement armé Palestinien a envoyé des roquettes sur Jérusalem juste après la marche des drapeaux, organisée par des juifs ultra-nationalistes et d’extrême droite qui revendiquent la propriété exclusive de Jérusalem par l’Etat Hébreu. Cet événement a renforcé le conflit entre les deux ennemis.

L’armée israélienne a répondu aux attaques de roquette, par des frappes aériennes faisant plus de 227 morts côté palestinien dont 65 enfants et des centaines de blessés principalement à Gaza où des maisons et des immeubles ont été détruits.

Quand les bombardements ont cessé, les habitants ont été choqués de voir l’état de leur ville. L’aide humanitaire s’est organisée afin de subvenir aux besoins des familles lourdement touchées. Ce conflit a également fait des victimes côté israélien, 12 personnes dont un enfant et des civils. Ce dernier conflit n’a pas provoqué de migrations car il est toujours aussi difficile d’obtenir des visas pour les Palestiniens. Certains Israéliens qui en ont marre de la situation décident de partir mais cela est rare. 

L’ histoire du conflit israélo-palestinien

Le début de la migration des Palestiniens a commencé en 1448. Plus de 725.000 Palestiniens ont dû quitter leur territoire et leurs maisons sous la pression des Israéliens. Nombre d’entre eux se sont retrouvés en Jordanie, au Liban ou encore en Syrie.

Le conflit israélo-palestinien est un conflit politique et religieux qui oppose Israël et la Palestine. Après la seconde guerre mondiale où 6 millions de juifs ont été exterminés, les israéliens se révoltent et demandent une terre d’accueil. Les britanniques transmettent ce dossier a l’organisation des nations unies.

En 1947 une proposition du partage de la Palestine est faite ce qui crée une guerre civile en Palestine où les Palestiniens combattent l’arrivée des juifs Israéliens sur leurs terres. Ce qui donna naissance à la première guerre israelo-arabe. 

Après cela, il y a eu une guerre de six jours qui a opposé Israël et l’Egypte ce qui a provoqué un nouvel exode des Palestiniens vers la  Cisjordanie et vers la Jordanie.

Aujourd’hui il est rare que des Israéliens décident de partir mais quand c’est le cas ils vont souvent en Allemagne ou au USA. Leur départ est tabou et mal vu.

Pour les Palestiniens les départs sont beaucoup plus difficiles notamment à cause du covid19 qui leur ferme encore plus de portes et de frontières.

Interview avec Ines Gil journaliste indépendante basée au Liban et anciennement en Palestine, correspondante régulière pour 15-38 Méditerranée :

Quelle est la cause du dernier conflit en Israël et la Palestine au mois de mai 2021 ?

Le conflit est avant tout né à Jérusalem : Dans la partie Est de la ville (occupée et annexée illégalement par Israël), plusieurs familles risquent de se faire expulser de leur maison et remplacer par des colons israéliens, dans le quartier de Sheikh Jarrah. Pendant plusieurs semaines, des manifestations pro-palestiniennes ont été organisées contre ces expulsions. En plein mois de Ramadan, alors que des milliers de fidèles musulmans palestiniens se rendaient dans la vieille ville de Jérusalem, des tensions ont émergé avec la police. La répression des manifestations par la police israélienne a été brutale. L’image qui exacerbé les tensions : début mai, la police israélienne qui a lancé des gaz lacrymogènes et réprimé les manifestants dans la mosquée al-Aqsa, 3ème lieu saint en islam, alors que des fidèles (souvent âgés) priaient. Cela a créé une vive émotion parmi la population palestinienne. Dans les jours qui ont suivi, le Hamas, un groupe palestinien qui contrôle Gaza (Territoire palestinien) et qui est reconnu par l’Union européenne comme terroriste, a demandé aux autorités israéliennes de se retirer de Sheikh Jarrah et de l’Esplanade des mosquées (où se trouve Al aqsa). Les autorités israéliennes ne se sont pas retirées, alors le Hamas a tiré des roquettes en direction de Jérusalem. L’armée israélienne a répondu par des frappes intenses.

Comment vivent les Palestiniens et les Israéliens ?

Les modes de vie entre Palestiniens et Israéliens sont très différents :

Le niveau de vie est plus élevé en Israël et le chômage y est plus faible (l’économie y est plus développée). Israël est un pays indépendant, alors que la Palestine est divisée, fragmentée par la colonisation israélienne. Pour les Palestiniens, la liberté de se déplacer est bien plus limitée, à cause des colonies israéliennes et du mur de séparation qu’a construit Israël (en violation du droit international), et le passeport palestinien est assez limité pour voyager. Par ailleurs, les Palestiniens sont divisés sur le plan politique : en Cisjordanie ils sont gouvernés par le Fatah, et à Gaza par le Hamas (qui sont deux partis en conflit) et à Jérusalem les Palestiniens sont totalement administrés par Israël. Il est donc parfois très difficile pour les familles qui vivent dans différents territoires de se réunir. Les partis palestiniens n’ont pas organisé d’élections depuis 2006 et ils limitent la liberté d’expression. La population palestinienne est donc victime de la politique israélienne et de la politique de ses propres dirigeants palestiniens. En Israël, il existe des discriminations entre les populations juives et arabes (au profit des populations juives) mais la liberté d’expression et la démocratie sont plus fonctionnelles.

Comment les pays réagissent face à ce conflit ?

Malgré la violence du conflit, les pays ont relativement peu réagi. Par exemple, habituellement, les Etats-Unis jouent le rôle d’arbitre, de modérateur, mais ils ont été largement en retrait pendant ce conflit. Tout comme l’Union européenne. Les pays alliés d’Israël (comme les Etats-Unis) ont fini par affirmer le droit d’Israël à se défendre, mais ont appelé au calme. Les pays arabes ont été globalement silencieux. Des pays qui défendent généralement la cause palestinienne, comme la Turquie, ont vivement critiqué Israël. Globalement, la communauté internationale a réagi moins vivement que durant les autres épisodes de violence.

Photo de Une : Thierry Ehrmann (libre de droit flickr)