Nourrir ou dynamiser la société : Quel rôle pour l’agriculture urbaine ?

Rédigé par : 15-38 mediterranée
Mis à jour le 14/04/2021 | Publié le 30/03/2021
À l’heure de la croissance démographique méditerranéenne, et d’une accentuation de l’exode rural dans une partie importante de la région, les solutions pour la sécurité alimentaire ne peuvent se trouver qu’en faisant travailler ensemble personnes rurales et urbaines. Historiquement, l’agriculture a toujours eu une place en ville. Mais aujourd’hui, l’agriculture urbaine, érigée comme une source de résilience pour nos villes, peine à être développée à grande échelle.

Coline Charbonnier, Manon Chalindar (Marseille) et Leïla Beratto.

Le long des murailles de pierre de Yedikulé poussent des laitues, des figues et des concombres. Dans ce quartier du centre historique d’Istanbul, en Turquie, les bostan (jardins potagers) existent depuis le Ve siècle et sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Ils produisaient 4 tonnes de fruits et 40 tonnes de légumes par an, jusqu’en 2013. « Les légumes sont vendus dans les marchés et les petites boutiques d’alimentation aux alentours. Certains habitants du quartier ont l’habitude de venir chercher leurs légumes directement sur place. Et des associations étudiantes ont organisé un système de distribution, sur commande, à l’université », raconte Ümmühan Ozturk, doctorante à l’école d’architecture de Grenoble, en France. Ces jardins nourriciers historiques ont un intérêt financier pour les habitant·es du quartier, dans un pays où le coût du transport alourdit la facture des fruits et légumes produits à des centaines de kilomètres. Mais l’intérêt est aussi social : « Les bostan de Yedikulé sont un lieu fédérateur qui unit des gens de tous les milieux. Aujourd’hui, à Istanbul, tout devient inaccessible pour les habitants. Vous ne pouvez plus, par exemple, accéder aux plages, qui appartiennent à de grands hôtels pour les touristes étrangers ». Les jardins permettent aussi l’intégration d’une population qui vient d’arriver dans la ville, comme par exemple des migrant·es afghan·es, souligne-t-elle.

Pourtant, en 2013, trois hectares sont détruits en une nuit par les autorités locales pour un projet de parc, qui n’a aujourd’hui pas abouti. En 2016, la mairie détruit les cabanes présentes dans les jardins au cœur des murailles, expliquant qu’elles polluaient visuellement le paysage. Les autorités mettent aussi en cause la criminalité aux abords des murailles. Mais la chercheuse y voit un lien avec la politique néolibérale de renouvellement urbain. « Tous les espaces ouverts sont sous pression de l’urbanisation. Il y a un fort investissement étranger qui conduit à détruire des quartiers entiers, pour reconstruire d’autres habitations, mais sans les habitants originels. La valeur des bostan n’est pas encore reconnue par les pouvoirs publics », analyse Ümmühan Ozturk. La destruction de 2013, qui se passe l’année de la mobilisation contre la destruction du parc Gezi, provoque une mobilisation des jardiniers, mais aussi des riverain.es. « A partir de 2013, il y a eu une prise de conscience que tout devenait invivable pour les habitants d’Istanbul, estime Ümmühan Ozturk. Avant, les décisions venant d’en haut n’était pas discutées. Les gens ont commencé à poser des questions, à demander à ce qu’on leur explique les projets puis ils ont souhaité sauvegarder les espaces ».

Les Jardins des murailles de Yedikule, à Istanbul. Vince Millet.

Dans le 8e arrondissement de Rome, en Italie, c’est pour protester contre la spéculation immobilière et la mauvaise gestion urbaine que des habitants se réunissent et fondent en 2008 et 2012 deux jardins partagés « Garbatella » et « Tre Fontane ». « Ici, l’objectif premier n’est pas de nourrir les habitants mais plutôt de se réapproprier des espaces », explique Victoria Sachsé, géographe, chercheuse associée au laboratoire DynamE et autrice d’une thèse sur ces jardins. Ces jardins sont le lieu de nombreux événements sociaux. « Les associations investies promeuvent la participation de différents groupes sociaux qui sont menacés d’exclusion, par exemple, des anciens détenus, des personnes en situation de handicap ou des réfugiés », précise-t-elle. En 2012, la mairie de Rome souhaite rencontrer les associations des jardins partagés pour établir un règlement commun. Les différents jardin organisés en un réseau nommé Ortincomune, se posent en interlocuteurs et font une proposition de texte, qui, après discussions, est adoptée en 2015. « Aujourd’hui, la réglementation obtenue par les jardiniers est toujours en place, mais elle n’est pas appliquée, nuance Victoria Sachsé. Mais l’informalité de Rome et le fait que la gestion urbain ne soit pas maitrisée, qu’il n’y ait pas d’espace vaste disponible, cela permet de laisser ces initiatives exister ».

Enjeu environnemental ou enjeu alimentaire ?

Historiquement, les habitant·es de la Méditerranée ont pu cultiver de petites parcelles de terre dans les villes ou à proximité. Mais aujourd’hui, ces espaces sont soit dévalorisés face à la volonté de modernisation urbaine, soit trop peu développés face à la hauteur de l’enjeu. Le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) rapporte que le contexte pandémique de l’année 2020 a provoqué des difficultés dans l’acheminement et le stockage d’aliments, ainsi que des pertes et gaspillages supplémentaires dans la région, particulièrement en Turquie, Albanie, Maroc et Égypte. Aujourd’hui, les populations méditerranéennes vivent majoritairement dans les villes, les mégalopoles se développent et la Turquie compte à elle seule 12 villes de plus d’un million d’habitant·es. L’agriculture urbaine pourrait être l’une des réponses pour la sécurité alimentaire, mais elle est confrontée à plusieurs obstacles.

D’abord, la question de la valorisation de l’espace et celle des enjeux environnementaux et sociaux prennent parfois le pas sur l’enjeu alimentaire. En Égypte, où 30 % de la population vit directement de l’agriculture, une agriculture de subsistance et de proximité, dont les terres sont peu à peu grignotées par la ville, subsiste par petites poches dans les espaces urbains, comme par exemple sur les îles agricoles de Dahab, au Caire. Sur trois îlots d’une superficie totale de 2 km2, 20 000 habitant·es se partagent entre travail de la terre et emploi en ville. Ces terres-là ont pour fonction première d’alimenter les familles qui résident sur les îles mais également qu’elles en vivent, puisque la production permet une commercialisation des produits. Cet aspect a été mis de côté, y compris par les ONG qui défendent la protection de ces îles : elles mettent plutôt en avant l’aspect environnemental des îles en tant que « poumon vert de la ville », explique Corten Perez-Houis, doctorant en géographie au laboratoire Géographie Cités, en France, et auteur d’un mémoire sur le sujet en 2018.

Plus récemment, des projets sur les toitures ont vu le jour, portés par des agences internationales de développement (comme l’agence allemande GIZ) et des associations locales. Les structures porteuses de ces projets sont conscientes des limites liées aux surfaces disponibles et des capacités de productions réduites, « même si la fonction alimentaire des toits n’est pas totalement évacuée », précise Corten Perez-Houis. L’une des agences a fait évoluer un projet avec un objectif initialement esthétique, afin de produire des potagers sur plusieurs toits d’un seul quartier et d’augmenter les quantités produites. « Les surfaces des toits dans la ville sont d’ailleurs, d’après les agences de développement, largement sous exploitées, et pourraient être valorisées. Ils servent souvent de débarras, exceptés quelques pigeonniers », raconte le chercheur. Se posera alors la question des infrastructures et du coût pour l’irrigation par exemple. D’autant qu’il existe un flou juridique sur les droits de propriété des toits dans la ville. L’enjeu serait alors de se mettre en relation avec les acteurs publics qui rechignent souvent à s’emparer de la question : « pour eux, l’agriculture dans la ville rime souvent avec élevage et pose des questions sanitaires », résume Corten Perez-Houis.

En périphérie du Caire en 2007. Aleksey Gureev.

Transformations menées par les collectivités locales  

La nécessité de penser l’agriculture urbaine comme un système global pousse les villes à s’emparer du sujet. A 7 kilomètres du centre-ville de Marseille, la deuxième plus grande ville de France, une route étroite mène jusqu’à la bastide des Gorguettes. C’est sur ce domaine, au pied des collines qui bordent le Massif de l’Étoile, que Pablo, Maxime, Arthur et Augustin cultivent deux hectares de production maraîchère. Autrefois, les grandes familles marseillaises faisaient des bastides du quartier leur lieu de villégiature et confiaient à un métayer le soin de cultiver la terre. « Nous sommes tous aménageurs du territoire de formation et nous avions déjà des connaissances de base en biologie végétale, en sols et en projets de paysage. Terre de Mars a été une association pendant 3 ans. La première année était expérimentale et une fois qu’on a réussi à fédérer tous les copains qui voulaient y participer, on a créé l’entreprise parce qu’on voulait vivre de notre activité », explique Augustin, l’un des fondateurs de la ferme.

« Aujourd’hui tout le monde lie agriculture et alimentation. Il y a eu un basculement en deux ans. Les politiques aussi se saisissent de cet enjeu malgré un retard considérable de la ville au regard du foncier disponible et des conditions climatiques favorables », explique Louis Roland, le directeur opérationnel de la Cité de l’agriculture de Marseille, une association créée en 2015. Selon la chambre de l’agriculture, 230 hectares de terres sont potentiellement mobilisables et pourraient nourrir quelque 40 000 familles. « C’est peu si l’on considère les 800 000 habitants de la ville, mais c’est une vitrine pour les agriculteurs et pour faire de la sensibilisation sur les enjeux de l’alimentation », explique Louis Roland. L’intérêt est aussi de rapprocher les citadin·es de la terre. Avec un intérêt à long terme, selon certaines études qui estiment qu’il serait possible de nourrir 20 à 25 % de la population en France grâce à l’agriculture urbaine si tous les espaces disponibles étaient pris en compte. 

L’un des projets les plus récents de la structure repose sur la création d’une micro-ferme dans le 15ᵉ arrondissement de Marseille. « Un support de recherche pour montrer et mesurer les bénéfices de l’agriculture urbaine mais aussi pour répondre aux besoins alimentaires du quartier dont les habitants ont peu de ressources », indique Louis Roland. À Campagne-Lévêque, des paniers solidaires sont également financés par l’association pour permettre aux foyers à faible moyens d’accéder aux produits de l’agriculture urbaine, et montrer qu’une production de proximité peut répondre aux enjeux de l’accès à une alimentation saine pour tous et toutes. Le prix des paniers est de 5 euros au lieu de 17 euros de moyenne dans les AMAP ordinaires. 

Innovation économique et technique

A 300 kilomètres de Marseille, dans la ville de Grenoble, Isabelle Robles a lancé un projet de ferme urbaine, soutenu par la ville. Ingénieure agro-économiste et ancienne salariée de la chambre d’agriculture, elle fait un pari économique : financer le développement de son activité et créer de l’emploi d’insertion grâce à la production de micro-pousses, des plantes plus grandes que des graines germées, appréciées des restaurateurs. « Le maraichage seul n’est pas très lucratif, surtout quand il y a peu de surfaces et cela aurait été difficile de financer des emplois », explique Isabelle Robles. Les revenus de la ferme étaient stabilisés à l’été 2020 à environ 4500 euros par mois. Pour se développer, la ferme va désormais faire du maraichage : « Nous allons cultiver des légumes classiques pour pouvoir les vendre au voisinage mais aussi des légumes à forte valeur ajoutée à destination des restaurateurs. Nous avons besoin que nos cultures rapportent pour créer de l’emploi ». Mais le lieu est aussi un lieu d’expérimentation de techniques agro-écologiques : les micro-pousses sont produites sous lumière naturelle, dans des serres bioclimatiques (pour une production en hiver sans chauffage), et sans aucun intrant chimique.

L’innovation technologique liée au développement de l’agriculture urbaine intéresse l’Union Européenne. Ainsi le projet « GROOF », pour « Greenhouses to Reduce CO2 on RooFs », consiste en plusieurs projets de serres sur toits dans différents pays du nord ouest de l’Europe. L’objectif est de « faciliter l’émergence de ce type de serres sur le marché ». « Nous cherchons le système de production qui consomme le moins d’eau, le moins de fertilisants et le moins d’énergie, explique Guillaume Morel-Chevillet, responsable végétal urbain d’Astredhor, l’institut horticole qui porte l’un des projets pilotes en France. Les serres sur toit sont l’une des stratégies pour rendre les toitures plus utiles, comme la mise en place de panneaux photovoltaïques ou la végétalisation ». Les chercheurs testent des systèmes de productions et leur pertinence économique en ville. En 2020, ils obtiennent de « bon rendements » sur les cultures tests de basilic, poivron et blette, mais le système pèse plus lourd : 110 kilos par m2 saturé en eau. Un toit végétal « standard » en France pèse 80 kilos par m2 saturé en eau. « Nos recherches portent sur l’économie circulaire, l’efficience énergétique, la gestion des déchets, mais aussi sur le bâtiment en lui-même. Comment peut-il accueillir l’agriculture urbaine ? Et avec quels modèles économiques viables pour l’agriculture ? », développe Guillaume Morel-Chevillet.

L’enjeu foncier 

L’aspect de l’innovation technique ne peut être séparé des questions sociales. La nécessité de penser l’agriculture urbaine comme un système global pousse les villes à s’emparer du sujet. A Grenoble, ville dirigée en 2021 par Eric Piolle, le premier maire d’un parti écologiste élu en France dans une commune de plus de 100 000 habitant·es, les autorités locales utilisent la restauration municipale comme levier pour développer une alimentation biologique et de proximité. Les cuisines municipales produisent 12 000 repas par jour, et 10 % des besoins en légumes frais proviennent désormais des terrains municipaux, selon la mairie. Mais Grenoble fait 18 kilomètres carrés et n’a pas de parcelles agricoles. « Il faut donc en créer », résume Antoine Back, adjoint à la mairie de Grenoble chargé des « Risques, Prospective et résilience territoriale, Évaluation et nouveaux indicateurs et Stratégie alimentaire ». En 2018, la mairie fait faire un premier diagnostic foncier, pour répertorier les terrains potentiellement utilisables en maraîchage et dont les sols sont en bon état. Elle décide d’installer un maraîcher sur un terrain auparavant complètement dédié à l’horticulture et lance deux projets de fermes urbaines. Pas encore assez aux yeux de la municipalité. « Nous avons relancé un diagnostique en étendant nos recherches aux terrains dont la taille pourrait être insuffisante pour le maraîchage et à ceux pour lesquels on peut envisager une restauration des sols qui prendrait quelques années, y compris dans les parcs de la ville. Enfin, nous étudions les autres types de lieux de production, comme les caves, qui pourraient permettre des productions comme des endives ou des champignons », explique Antoine Back. Un travail d’identification de parcelles privées où un conventionnement pourrait être envisagé est également en cours.

Dans la ville de Grenoble, en France, la municipalité a recréé des jardins partagés au coeur des quartiers. Leïla Beratto

Les collectivités locales ont des difficultés à trouver les bons leviers pour favoriser le développement projets agricoles locaux. Ainsi, au début des années 2010, dans la métropole de Montpellier, les décideurs choisissent de transformer des terres publiques en parc agraire, au sein duquel 100 hectares seront dédiés à l’agriculture. L’objectif politique est de donner des terres pour que la production locale puisse se diversifier, et nourrir une partie de la population, dans une région où la plupart des cultures sont des vignes. Mais, au final, 10 hectares sont convertis en maraichage privé, 10 hectares en espace de test pour aider à l’installation de jeunes agriculteurs, et 70 hectares sont attribués à des viticulteurs en coopératives. La structure de la production n’est donc pas suffisamment transformée, aux yeux des décideurs. En 2019, lors d’une conférence sur la « Suffisance alimentaire urbaine », Nabil Hasnaoui Amri, ingénieur agro-économiste et géographe de Montpellier résumait l’enjeu politique auquel sont confrontés les communes ainsi : « est-ce qu’on agit sur l’agriculture existante, pour la transformer, ou sur le renouvellement, via l’installation d’agriculteur? »

En France, la société civile se mobilise également pour sauvegarder les terres agricoles. L’association Terre de lien s’est créée pour pouvoir les racheter et les mettre à disposition d’un producteur sous forme d’un bail rural (25 ans) ou un bail de carrière, ce qui permet d’assurer une sécurité pour l’agriculteur. Pour cela, l’association a créé une entreprise appelée la « Foncière » : une structure financière au capital « constitué de l’épargne de citoyens qui ont choisi d’investir dans des projets solidaires ». Une fondation permet également de recevoir des dons des organismes publics. Depuis sa création en 2003, Terre de lien a permis l’installation de 180 fermes.

Un projet alimentaire hyper-local

Dans cette même région, Oriane et Tristan Arlaud et Philippe Barras, trois agriculteur·rices, soutenu·es par 200 citoyen·nes adhérent·es, ont lancé un projet alimentaire territorial « Lou Fadarié » au Puy-Saint-Réparade. L’objectif est de préserver le foncier agricole de leur petite commune de 6000 habitant·es, de le convertir en agriculture biologique, d’installer de nouvelles·aux agriculteur·ices sur les productions manquantes ou en forte demande, de construire un ou plusieurs points de vente et une plateforme collective pour approvisionner la restauration collective. S’ils n’ont pas obtenu de label officiel pour leur projet, leur association réunit aujourd’hui 24 agriculteur·ices sur 200 hectares de production et 180 adhérent·es. Ils et elles fournissent en produits bio le Conseil communal d’action social, le collège et la crèche de la commune. L’équipe a également lancé une plate-forme numérique pour permettre aux collectivités locales de suivre en temps réel l’évolution des réglementations sur l’alimentation dans les cantines publiques, répondant ainsi à l’une des inquiétudes exprimées par les élus des communes voisines. Mais leurs projets ne suscitent pas que de l’admiration. En août 2020, les serres de Tristan et Oriane Arlaud ont été détériorées au cutter, pour la troisième fois en quatre ans, selon le quotidien Libération. Leur production biologique a été aspergée de glyphosate. Intoxiqué, Tristan Arlaud a été hospitalisé. Ils ont perdu leur certification bio. Une cagnotte, lancée en ligne pour les aider à relancer leur production, a permis de récolter 75 000 euros. Une plainte a été déposée par le couple.

Si les initiatives citoyennes ou de collectivités locales sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus structurées, tous les acteur·ices soulignent l’importance de l’implication des États. « Sans une volonté politique de relocalisation de l’alimentation, nous n’arriverons à rien, estime pour sa part Anne-Cécile Daniel, coordinatrice de l’Association française de l’agriculture urbaine professionnelle. Le politique pousse les collectivités à se mobiliser et les agriculteurs à discuter. Notre travail, c’est être en ville, sensibiliser sur le manger local, permettre un autre réseau de distribution. Nous, seuls, n’avons pas de sens. Nous sommes un pont entre les agriculteurs et les villes ».